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Malgré ses résultats, l’approche comportementale est parfois critiquée.
Ci-après, les critiques les plus couramment formulées,
suivies des réponses apportées par les comportementalistes. Critique
: L’emploi de renforçateurs,
surtout de renforçateurs
extrinsèques, est un marchandage immoral. Réponse : Tous
nos actes de la vie quotidienne (à la maison, à l’école,
au travail…) sont motivés par le renforcement.
Personne n’y échappe.
En début d’apprentissage, la personne peut avoir
besoin d’un renforçateur extrinsèque, afin
d’apprendre un nouveau comportement. Mais au fur et à mesure
de l’apprentissage, elle va prendre conscience de ce
que sa nouvelle capacité lui apporte et les renforçateurs
intrinsèques et/ou sociaux vont remplacer les renforçateurs
primaires.
Il est à noter que l’emploi de procédures
de renforcement mal adaptées à la situation peut
provoquer des situations contraires au but recherché.
Par exemple, lorsqu’un enfant comprend que s’il
se calme après une crise, il reçoit un renforçateur.
Il risque alors de multiplier les crises, afin de recevoir
le renforçateur à la fin de celle-ci.
Un comportementaliste formé reconnaîtra ces situations
et saura adapter le programme afin de les éviter.
Critique : L’emploi de procédures de renforcement
risque de provoquer une dépendance de l’individu
par rapport aux renforçateurs, notamment aux renforçateurs
extrinsèques.
Réponse : Une des lois de l’apprentissage
nous apprend qu’un
comportement qui n’est pas renforcé tend à diminuer
puis à disparaître. Donc l’individu a besoin
de renforçateur.
Cependant, comme dit plus haut, si l’emploi de renforçateurs
extrinsèques en début d’apprentissage est
très courant, il n’en est plus de même une
fois le comportement acquis.
Le type de renforçateur peut et doit changer au cours
de l’apprentissage. On va passer des renforçateurs
primaires aux renforçateurs sociaux, puis à l’autorenforcement.
De plus, la fréquence de distribution du renforçateur
est diminuée au fur et à mesure de l’apprentissage,
pour ne devenir plus qu’intermittente et non prévisible.
Critique : Le recours à des
procédures
systématiques
d’intervention et à des évaluations constantes
déshumanisent l’approche éducative, en
lui retirant toute chaleur et compréhension affective.
Réponse : Le comportementaliste accorde
une grande place aux renforçateurs
sociaux chaleureux (félicitations, sourires, ...). De
plus, l’apparition de comportements adaptés permet à l’éducateur
de libérer plus de temps pour les relations personnelles,
vu qu’il n’est pas astreint à une gestion
constante des troubles du comportement.
L’approche comportementale est une approche clinique,
centrée sur le patient. Il ne s’agit pas d’appliquer
sur tout un chacun des méthodes stéréotypées
et rigides !
Sources
:
Ghislain Magerotte, « Manuel d’éducation
comportementale clinique », Editions Pierre Mardaga
Rédaction : Laure Fortuzi-Nusbaumer |