Dès ses premières semaines de vie, le nourrisson s’ouvre au monde et aux personnes qui l’entourent, développant très vite ses facultés à communiquer et à partager avec autrui.

Des études prouvent que les nouveau-nés montrent des dispositions innées aux interactions sociales avec les membres de leur espèce.

On ne sait pas à l’heure actuelle si l’enfant atteint d’autisme est privé de ces dispositions, où s’il ne peut pas les utiliser.

L’enfant atteint d’autisme développe des symptômes très précoces mais qui sont difficiles à identifier.

Un retard et/ou une déviance par rapport aux étapes de développement des interactions sociales, du langage, des apprentissages, doit conduire à des investigations.

En ce qui concerne l’enfant, la littérature scientifique montre que plus l’intervention est précoce, plus elle est efficace. En effet, il est plus aisé de soutenir le développement de l’enfant pour l’amener vers la norme, plutôt que de modifier un développement déjà altéré.

En ce qui concerne les parents et l’entourage, savoir de quoi souffre l’enfant permet de comprendre le pourquoi de son comportement atypique.

On insiste donc fortement sur la notion d’urgence à poser un diagnostic afin de pouvoir mettre en place les mesures nécessaires au soutien du développement de l’enfant.

Il existe plusieurs tests de dépistage et diagnostic des troubles envahissants du développement. Le professionnel qui les utilise doit être formé à leur utilisation.

LE DEPISTAGE

Certains signes présents chez le jeune enfant doivent absolument amener à des examens complémentaires : Il s’agit de l’absence de babillage à 12 mois; l’absence de gestes sociaux conventionnels (au revoir, pointer…) à 12 mois; l’absence de mots à 16 mois, l’absence d’association de mots (non écholaliques) à 24 mois; toute perte de langage ou de compétences sociales quel que soit l’âge de l’enfant.

Le CHAT permet de mettre en lumière, chez les enfants dès l’âge de 18 mois, des comportements prédicteurs d’autisme. Les professionnels de la santé devraient être familiarisés avec son utilisation, afin de pouvoir l’administrer aux enfants chez lesquels on soupçonne un trouble envahissant du développement.

La question de l’utilisation massive du CHAT (dans les contrôles pédiatriques de routine par ex) en amène une autre : quels services proposer aux parents dont l’enfant est dépisté comme « à risque » ?

LE DIAGNOSTIC

L’autisme fait partie des troubles envahissant du développement. Le diagnostic est basé sur l’observation de perturbations qualitatives dans les domaines des interactions sociales, de la communication et du caractère restreint et répétitif des comportements.

Le diagnostic est posé sur la base des classifications internationales : le DSM-IV-TR et la CIM-10.

L’utilisation des classifications internationales permet à tous les intervenants (professionnels et parents) une meilleure communication, par l’utilisation d’une même terminologie.

Les troubles sont assez stables à l’age de trois ans pour qu’on puisse poser un diagnostic fiable. Pour une forte majorité de cas, le diagnostic peut être posé dès deux ans. Avant cet âge, la fiabilité du diagnostic n’est pas garantie.

Aucun marqueur biologique n’étant identifié à ce jour, le diagnostic repose sur une observation clinique. On procédera à un examen psychologique, un examen du langage et de la communication, ainsi que du développement psychomoteur et sensori-moteur.

L’examen psychologique va déterminer le profil intellectuel et socioadaptatif.

L’examen du langage et de la communication va permettre d’évaluer le niveau de langage et de communication (réceptif, expressif, verbal et gestuel, voire écrit).

L’examen psycho et sensori-moteur va s’attacher à examiner la motricité et l’intégration sensorielle.

Fréquemment, une autre anomalie est associée à l’autisme. Sa découverte ne remet pas en cause le diagnostic d’autisme.

Parmi les anomalies les plus couramment associées à l’autisme, on trouve :

  • le retard mental
  • les déficiences sensorielles (auditives, visuelles)
  • différents syndromes génétiques
  • l’épilepsie

Les investigations permettant la mise en lumière de ces anomalies associées (recherche génétique, etc…) ne doivent pas retarder la mise en place d’un suivi adapté. Leur présence ne change rien au fait que l’enfant doit, au plus vite, disposer de toutes les aides nécessaires à son développement.


Références :

Fédération française de psychiatrie ( juin 2005), «  Recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme »

"CHAT" = Checklist for Autism in Toddlers. Adapted from Baron-Cohen S, Gillberg C. Can autism be detected at 18 months? The needle, the haystack, and the CHAT. Br J Psychiat 1992;161:839

Rédaction : Laure Fortuzi-Nusbaumer