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L’intervention comportementale a prouvé son
efficacité dans la résolution des troubles
du comportement. Ci-dessous, vous trouverez un aperçu des principes
de l’intervention comportementale.
Principes scientifiques
Le comportement est défini comme une réponse,
ou action, observable et mesurable d’un individu.
Observable, parce qu’il peut être appréhendé par
au moins un de nos cinq sens.
Mesurable, parce qu’il a un début et une fin,
et peut donc être dénombré.
Le comportement est contrôlé par ses stimuli
conséquents, c’est à dire par les événements
qui suivent immédiatement son émission. Ce sont
les conséquences du comportement qui déterminent
la probabilité ultérieure d’apparition
de ce comportement, soit en en augmentant la fréquence,
soit en la diminuant.
Si la conséquence augmente l’apparition du comportement,
on parle de processus de renforcement. S’il la diminue,
de processus de diminution du comportement.
Les stimuli de l’environnement appellent l’émission
d’une réponse. L’association répétée
du stimulus avec les éléments renforçants
suivant la réponse va induire le fait que le sujet identifie
ces stimuli comme stimuli discriminatifs : ils favorisent l’émission
d’un comportement donné, qui a beaucoup de chances
d’être renforcé.
On peut résumer cette relation temporelle entre les
trois éléments de cette façon :
A (antécédent) B (comportement,
"Behavior") C (conséquence)
La notion de contingence fait référence
aux relations entre
le comportement, d’une part
ses antécédents et ses conséquences,
d’autre part
Les deux événements dépendent l’un
de l’autre.
L’intervention
En premier lieu, il n’est pas inutile
de rappeler ce principe de base :
Toute intervention commence par une
bonne évaluation.
Les 4 phases de l’intervention sont
les suivantes :
L’observation systématique : c’est
un aspect fondamental de l’intervention comportementale.
A l’aide de grilles de cotation et de méthodes
d’observation, on identifie clairement et précisément
l’environnement de la personne et son comportement. Les échelles
d’évaluation servent à évaluer de
façon standardisée les comportements.
Exemple : X tire les cheveux de ses voisins (et non : X est
méchant avec ses voisins). Y se mord le poignet droit
(et non : Y s’automutile).
L’analyse descriptive : on identifie
les contingences. Les contingences sont les relations, les
interactions, entre
le comportement, ses antécédents et ses conséquences.
Exemple : Lorsqu’on allume la radio, X se mord le poignet
droit (stimulus antécédent). Y tire les cheveux
de ses voisins, qui s’écartent aussitôt
(stimulus conséquent).
L’analyse fonctionnelle : il s’agit
de repérer
et comprendre, en vue de les changer, les facteurs de maintien
qui pérennisent les conduites inadaptées. On
fait varier les stimuli liés au comportement, afin d’identifier
s’il y a contingence ou non entre le stimuli et le comportement.
Une fois les causes du comportement clairement identifiées,
on peut développer une procédure d’intervention.
Exemple : que se passe-t-il pour X si on allume la télévision
et non la radio, que se passe-t-il pour X si on baisse le son
de la radio. Que se passe-t-il pour Y si les voisins ne s’écartent
pas, que se passe-t-il pour Y si les voisins ne sont pas à portée
de main.
L’analyse appliquée : c’est
l’intervention
en tant que telle, qui vise à remplacer un comportement
problématique par un comportement adapté (comportement-cible).
Exemple : X s’éloigne de la radio afin d’être
moins gêné par le son. Y ne place pas sa chaise
trop près de celles de ses voisins afin d’éviter
un contact trop rapproché.
L’évaluation qui suit l’intervention permet
de déterminer précisément si l’intervention
a été efficace par rapport aux buts fixés,
et si l’amélioration du comportement est bien
dû à l’intervention, et non à d’autres
facteurs.
Augmenter l’émission d’un comportement
Parfois, la personne possède déjà dans
son répertoire le comportement adapté, mais ne
l’utilise pas assez souvent, au profit parfois de comportements
inadaptés. On va donc inciter la personne a utiliser
plus souvent ou plus durablement le comportement adapté.
Les procédures visant à augmenter l’émission
d’un comportement sont sans doute les plus simples à appliquer.
En effet, on ne demande pas au sujet d’apprendre un nouveau
comportement, mais bien d’en augmenter la fréquence
ou la durée.
Par exemple : rester assis à table plus longtemps, arriver
en classe à l’heure tous les jours, terminer la
tâche commencée.
On distingue deux types de procédures
:
En premier lieu, la procédure de présentation
d’un renforçateur positif, qui consiste à faire
suivre le comportement d’un renforçateur positif,
visant à augmenter sa probabilité ultérieure
d’apparition.
Les renforçateurs doivent être
choisis avec attention :
- ils sont individuels, choisis en fonction des goûts
de la personne.
- Ils doivent être adaptés au niveau de la personne
- Ils peuvent être intrinsèques ou extrinsèques
- Ils peuvent consister en une activité que l’enfant
fait facilement et volontiers
- Le renforçateur social ne doit pas être négligé
A noter que les droits fondamentaux de la personne (prendre
son repas, avoir des moments de détente, etc…)
sont acquis de toute façon et ne doivent en aucun cas être
utilisés comme renforçateurs !
Le renforçateur est distribué immédiatement
après l’émission du comportement attendu.
En début de programme, le renforçateur est distribué systématiquement
après l’émission du comportement attendu,
puis de façon intermittente ou différée.
Cette procédure est la plus utilisée.
En deuxième lieu, la procédure de retrait d’une
situation aversive, qui consiste à ce que l’émission
du comportement fasse cesser une situation désagréable
pour le sujet, ou évite ou retarde l’apparition
de celle-ci.
De nombreuses situations de la vie courante
font appel à cette
notion et sont présentes naturellement dans l’environnement
du sujet.
Par exemple : prendre un médicament pour faire cesser
la douleur, ranger son matériel afin de le retrouver
le lendemain, quitter une pièce pour éviter d’être
dérangé par le bruit de la télévision.
Il faut noter que la mise en situation
aversive artificielle (donc dans une situation non présente dans l’environnement
naturel de la personne) pose des problèmes éthiques
et n’est plus utilisée de nos jours.
Diminuer l’émission d’un
comportement
Parfois la personne utilise un comportement
inadapté,
qu’il faut qu’elle abandonne pour son propre bien-être
et celui d’autrui.
Pour faire cesser un comportement, on
peut utiliser une procédure
d’extinction. Il s’agit de faire en sorte que le
comportement inadapté n’ait aucune conséquence.
Pour que cette intervention soit efficace il faut :
- n’accorder aucune attention à la personne lorsqu’elle
produit le comportement. En effet, une réprimande peut être
considérée comme un renforçateur si une
personne cherche par son comportement à attirer l’attention.
- éliminer tous les renforçateurs de son environnement,
afin que la personne n’associe pas un renforçateur
présent dans son environnement à son comportement.
Il est à noter qu’au début de l’application
de la procédure, il arrive souvent que le comportement
qu’on veut voir disparaître augmente en fréquence
ou intensité.
Comme la procédure d’extinction
n’apprend
pas à la personne comment elle doit se comporter
(mais bien ce qu’elle ne doit pas faire), on combine
très
souvent cette procédure avec l’apprentissage d’un
comportement adapté de remplacement.
La procédure d’extinction ne doit être
appliquée que lorsque, par son comportement, la personne
ne met en danger ni elle-même ni les autres.
Apprendre un nouveau comportement
Pour apprendre à une personne un comportement ne faisant
pas partie de son répertoire, on peut utiliser une procédure
de façonnement (shaping).
Par exemple, pour faire prononcer une
syllabe à un
enfant qui n’en produit pas encore, on séquence
l’apprentissage en plusieurs étapes :
- faire un mouvement des lèvres
- émettre un bruit
- émettre un son
- émettre une syllabe (comportement-cible)
Le façonnement consiste en deux opérations
:
- renforcer les approximations successives, qui s’approchent
toujours plus du comportement-cible.
- Ne plus renforcer les approximations précédemment
apprises (pratiquer à leur égard l’extinction).
La mise en place d’une procédure de façonnement
demande de respecter les conditions suivantes :
- Définir précisément
le comportement-cible
- Identifier les étapes de l’apprentissage en
partant du point où se trouve le sujet.
- Renforcer le comportement qui présente un progrès
dans la bonne direction
- Respecter l’ordre des approximations
- Faire appel si besoin à différentes aides (verbales,
visuelles, physiques)
Généralisation et maintien
du comportement
Après avoir appris à la personne un nouveau
comportement, que faut-il faire pour qu’elle l’utilise
?
Mettre en place une procédure d’apprentissage
d’un nouveau comportement n’a d’intérêt
que si elle conduit à l’acquisition durable de
celui-ci, et son utilisation dans différentes situations
où il est approprié.
Or, un comportement ne persiste pas nécessairement
après son acquisition s’il n’est pas ou
très peu utilisé.
Le programme de renforcement intermittent,
où l’on
octroie un renforçateur non plus systématiquement
après l’émission du comportement, mais
de façon intermittente, permet de maintenir le comportement.
Le renforcement intrinsèque permet de rendre l’activité renforçante
par sa seule exécution. Il est parfois difficile de
juger du pouvoir renforçant d’une activité.
On peut supposer qu’elle l’est si le sujet s’y
engage fréquemment.
L’autorenforcement consiste à ce que le sujet
exprime son sentiment de satisfaction d’avoir accompli
une tâche déterminée.
Il faut aussi penser à généraliser les
stimuli. Cela permet d’obtenir du sujet qu’il émette
le comportement dans d’autres conditions appropriées,
mais différentes de la situation d’apprentissage.
On lui apprend à reconnaître des stimuli similaires,
mais pas identiques à ceux de l’environnement
de l’apprentissage.
Par exemple : une sonnerie qui indique que le dîner est
servi, mais aussi un appel verbal, ou les aiguilles de la pendule
qui indiquent l’heure du repas.
Ou alors, un feu qui passe au vert pour indiquer que le piéton
peut traverser, mais également les indications d’un
agent de la circulation.
Ainsi, le comportement acquis peut être utilisé dans
différentes circonstances, de façon adéquate.
Sources :
Ghislain Magerotte, « Manuel d’éducation
comportementale clinique », Editions Pierre Mardaga
Ladouceur, Bouchard, Granger, « Principes et applications
des thérapies behaviorales », Edisem Inc., 1977
Patrick Bruderlein, 2005, « Autisme, de la psychologie à l’intervention »,
Université de Fribourg, notes de cours non publiées
Rédaction : Laure Fortuzi-Nusbaumer
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